Insécurité des femmes: étude bordelaise > GESIVI

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Pourquoi une victime peut rester paralysée lorsqu'elle subit des violences from gesivi on Vimeo.



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Les formations GESIVI se veulent faites d'explication simple; mais non simpliste. Une vidéo qui explique le phénomène de sidération qui peut atteindre certaines victimes. Policiers, magistrats, personnels du médico social doivent en être informés pour accueillir les victimes avec la plus grande bienveillance.

 


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Pas facile de se promener tranquillement dans la rue quand on est une femme       
  •      Bordeaux est loin d’être une ville dangereuse. La nuit pourtant, les femmes pressent le pas dans certaines rues ou en évitent d’autres. Promenez-vous avec elles dans les quartiers du 
  •      centre-ville.

Elles traversent la ville mais n’y stationnent pas tellement. Des hommes leur donnent du sifflement ou des insultes. Pire : parfois, ils les tripotent. Les récits ne manquent pas sur le harcèlement des femmes dans la ville.

On pourrait penser ces agressions désorganisées, spontanées. Elles ne le sont pas : la ville est masculine, pensée par et pour les hommes. On y construit par exemple des stades et des skate-parks, où les femmes ne vont pas. Intuitivement, elles apprennent à connaître les lieux qu’elles apprécient et ceux qu’elles évitent.

C’est sur ces questions qu’a travaillé Laura Van Puymbroeck, dans un mémoire en géographie sur « le phénomène du harcèlement de rue » à Bordeaux, sa ville. Elle a interrogé 170 étudiantes, leur a fait raconter leurs endroits et ce qu’il s’y passe.

Yves Raibaud, son directeur de mémoire, géographe, spécialiste du genre dans la ville, explique que les résultats de Laura coïncident avec ceux d’autres enquêtes, menées sur des femmes plus âgées. Et les chiffres alignés par Laura Van Puymbroeck sont assez déprimants. Bordeaux est loin d’être une ville dangereuse, et pourtant...

 

  • « 27% des étudiantes interrogées ont déjà eu affaire à un frotteur/frôleur. La plupart d’entre elles n’ont rien dit ou fait ;
  • 72% des étudiantes interrogées ont le sentiment d’être embêtées dans les espaces publics bordelais ;
  • 44% d’entre elles ont déjà subi une agression verbale ;
  • 43% des enquêtées ont été suivies dans la rue ;
  • 24% ont déjà subi des attouchements ou contacts physiques non désirés ».

 

Ce que l’on découvre ensuite, c’est une carte mentale de la ville qui fait peur aux femmes. Cette carte n’est pas un délire de « bonnes femmes ». A une ou deux exceptions près, les lieux racontés comme évités sont aussi ceux où elles racontent avoir été agressées verbalement ou même physiquement.

Nous avons voulu tâter cette carte en vrai, parcourir ces quartiers que les femmes disent ne pas aimer. Pour ne pas vous noyer, nous nous sommes concentrées sur le centre sud de la ville.

Clarifions-le tout de suite : il ne s’agit pas de dire que Bordeaux est un danger, une ville à éviter à tout prix (on a plus peur de sortir la nuit à Marseille qu’à Bordeaux). Il s’agit de montrer cette carte mentale désagréable qu’en ont les Bordelaises.

Nous avons vu la ville changer au fil des heures. Nous l’avons vue se vider de ses femmes.

Sur la carte ci-dessous, vous pourrez vous promener avec nous dans Bordeaux de 19h30 à 1 heure du matin, un mercredi soir de juin. Vous pourrez lire ou entendre les femmes qui se font aborder, celles qui ont peur, celles qui en ont marre. Bonne balade ?

Accéder à la carte