Comprendre les risques et adopter les bonnes conduites face aux situations à haut risque
Le contexte actuel montre que le risque d’agression ne se limite pas aux zones dites « sensibles ». La violence armée peut se produire partout, y compris dans des environnements non concernés par la délinquance urbaine. Pour les professionnels travaillant dans des zones potentiellement dangereuses, mais aussi pour toute personne confrontée à un risque de ce type, comprendre les risques et savoir réagir est essentiel pour la sécurité de tous. Cet article explore trois scénarios de violence armée, chacun comportant des risques spécifiques et des stratégies de gestion adaptées.
1. La fusillade : un scénario de violence extrême
La nature du risque
Une fusillade implique l’utilisation répétée ou simultanée d’armes à feu, souvent dans un cadre non militaire. Ce type d’attaque peut se produire dans des lieux publics, des commerces, des écoles ou même dans des quartiers résidentiels. Les tireurs peuvent être des amateurs sous l’emprise de substances, mais aussi des criminels aguerris. Leur état émotionnel est souvent instable, alimenté par des passions fortes, comme la colère ou la peur, et parfois par des substances qui désinhibent leurs actions. Le risque de dommages collatéraux est élevé, car les cibles ne sont souvent pas bien définies.
Lire l’extrait du reportage de TF1 : « C’est le far-west » : à Nîmes, des quartiers otages d’une guerre meurtrière entre trafiquants »
Conduites à tenir face à une fusillade
Si vous êtes témoin d’une fusillade, la première règle est de fuir dès que possible. Si l’évacuation est impossible, il convient de se coucher ou de s’accroupir. Ce principe, appelé « GEL » ou « Freeze », consiste à ne pas bouger et à se faire aussi discret que possible. Les tireurs, surtout en état de stress, tirent instinctivement à hauteur de poitrine, ce qui peut limiter les risques si vous êtes à genoux ou couché au sol. Les protections les plus efficaces sont des murs pleins ou des blocs de béton. Evitez de vous réfugier derrière des cloisons légères, comme des portes en placo ou des meubles.
Les fusillades en milieu clos présentent des risques différents. Si les tirs sont éloignés, l’objectif est d’évacuer le plus rapidement possible, sans s’attarder. Si les tirs se rapprochent, vous devrez vous protéger derrière les structures les plus solides, éteindre les lumières et réduire au maximum le bruit.
Premièrement les tirs sont assez éloignés :
- Fuyez pour évacuer les lieux en abandonnant vos affaires personnelles.
- Aidez les autres à s’échapper.
Deuxiement les tirs sont proches :
- Couchez vous immédiatement si les tirs sont proches.
- Mettez votre portable sur silencieux (pas vibreur).
- Ne sortez pas / ne regardez pas par la fenêtre. (risque prendre une balle perdue indiquer votre présence).
Troisiement les tirs se rapprochent :
- Fermez la porte à clé et la bloquer (accumuler tous les moyens).
- Baissez les stores, éteignez la lumière et restez loin de la porte.
- Allongez-vous en évitant de rester contre les murs ou les fenêtres. (au milieu de la pièce).
- Restez clames et silencieux.
Fusillades en extérieur
Lorsque la fusillade se déroule en extérieur, il est primordial de localiser l’origine des tirs. Dès que vous en avez l’opportunité, fuyez d’abri en abri, en changeant régulièrement de position pour limiter le risque d’être touché. Si vous êtes dans un véhicule et que la voie est dégagée, accélérez et quittez les lieux. En cas d’immobilisation, quittez immédiatement le véhicule pour trouver un abri. Courir en zigzag rapidement réduit de manière exponentielle le risque d’être touché. Le bloc moteur d’un véhicule est une excellente protection.
Aujourd’hui, une forme de jeux dangereux et criminel consiste à faire démonstration de force par le biais de tirs d’arme à feu ou de mortiers d’artifice.
Voir la vidéo d’actualité : « Nîmes : des tirs de kalachnikov en pleine rue »
Pour les pompiers :
- La tonne d’eau a un pouvoir d’arrêt considérable (1 mètre cube d’eau stoppe une balle de 12,7 – mitrailleuse ).
- Durant votre intervention, l’état d’excitation est toujours présent et le risque de retour « sur zone » d’un tiers (membre de la famille, ami de la victime…) dans un désir de vengeance n’est pas exclu. La vigilance est de mise. Protection policière indispensable…qui risque d’envenimer encore plus la situation; mais comment faire autrement ?
- Bien souvent « primo intervenants » ils sont « force opérante ». Si les tirs continuent, ils deviennent « force concourante » car c’est la police ou la gendarmerie qui prennent le commandement. La sécurité ne pouvant se faire tant que le danger existe pour les secouristes.
- Localisez la menace (origine et proximité des tirs).
- Appliquer le principe 2-3 qui bossent et 1 qui « chouffe ».
- Rester le moins longtemps sur les lieux.
- En coordination avec les FSI, appliquer le concept du «pick, scoop and run ».
- Technique limitée à l’arrêt hémorragique (SCOOP).
- Evacuation tactique rapide (RUN).
2. Le règlement de compte : un affrontement ciblé
Comprendre le contexte
Le règlement de compte est un acte de violence prémédité où l’agresseur cherche à « rendre justice » par la force. Ce phénomène est souvent observé dans les milieux criminels, où la violence sert à résoudre des conflits d’intérêts, parfois financiers. Contrairement à une fusillade, le règlement de compte implique généralement une cible identifiée, ce qui réduit les risques de dommages collatéraux, bien que ces derniers demeurent possibles.
Les criminels impliqués dans ce type d’agression sont souvent bien préparés et savent ce qu’ils font. Il est courant que l’attaque se fasse sous forme d’embuscade, ce qui complique la situation pour les témoins et les victimes.
Conduites à tenir face à un règlement de compte
Lorsque vous êtes témoin d’un règlement de compte, votre priorité est la fuite. Si cela n’est pas possible, appliquez le principe « GEL » : ne bougez pas et restez aussi discret que possible. Ne fixez pas les yeux de l’agresseur. Cela pourrait vous exposer à un risque d’élimination, car l’agresseur pourrait vous voir comme un témoin gênant.
En cas de confrontation directe, les mêmes règles s’appliquent : vous devez minimiser votre exposition en vous cachant dès que possible. Si vous êtes proche du lieu du règlement de compte, il est essentiel de comprendre que l’agresseur pourrait revenir pour s’assurer que sa victime est bien morte, et il pourrait également éliminer d’autres témoins.
3. La menace avec une arme : une situation imprévisible
L’intention de l’agresseur
La menace avec une arme peut prendre de multiples formes. Dans ce cas, l’agresseur cherche à obtenir quelque chose de sa victime, que ce soit de l’argent, un objet ou simplement une position de pouvoir. Les gestes et les paroles (ou l’absence de paroles) sont cruciaux dans ce type de situation. Il est essentiel de garder son calme, car la gestion du stress peut déterminer l’issue de l’agression.
Conduites à tenir face à une menace avec arme
La première règle dans ce type de situation est de ne pas tenter de résister si l’agresseur a une arme à feu ou une arme blanche. Votre priorité doit être de vous conformer à ses demandes dans l’espoir que la situation ne dégénère pas. Evitez de provoquer l’agresseur en cherchant à le défier. Dans la mesure du possible, essayez de désamorcer la situation par le dialogue, tout en restant aussi calme que possible.
En cas de tentative d’agression physique, il est important de faire preuve de réactivité. Si vous êtes en mesure de fuir, ne vous attardez pas et quittez les lieux. En revanche, si l’agresseur est trop proche ou si vous êtes immobilisé, la meilleure option est de vous défendre avec des gestes instinctifs pour désarmer ou déstabiliser l’agresseur. Néanmoins, l’autoprotection ne doit être envisagée qu’en dernier recours, lorsque toutes les autres options de désescalade ont échoué.
Préparer les professionnels à ces risques
Les risques liés à ces scénarios de violence ne sont pas réservés aux seules zones sensibles. Les contextes de violence peuvent se propager et toucher tout type d’environnement. C’est pourquoi il est impératif que les professionnels intervenant dans ces situations – qu’il s’agisse des pompiers, policiers ou autres professionnels – soient formés et préparés à faire face à de telles situations.
En somme, se préparer mentalement et physiquement à des situations de crise est essentiel. L’apprentissage des gestes qui sauvent, la gestion du stress et la maîtrise des techniques de défense et d’évacuation sont des compétences clés qui peuvent faire la différence entre la vie et la mort.
4. La tuerie de masse à caractère terroriste ou de type amok :
Pour finir, la tuerie. La volonté est de faire un maximum de victimes. Tuer puis être tué en martyr ou se « faire donner la mort » par un tiers (suicide by cop). Ces cas sont désespérés, la négociation est impossible.
D’autant plus, depuis les derniers attentats, la doctrine qui était : « fuir, se cacher, alerter » est devenue « fuir, se cacher, alerter, combattre en ultime recours« .
Avec un groupe « test » nous avons démontré, que si la fuite est impossible, les chances de survie augmentent quand on passe en phase « combat ».
Les 3 principes fondamentaux :
- L’apprentissage des « gestes qui sauvent » est fondamental.
- La gestion de votre stress vous sauvera la vie. Il vous donnera le discernement et votre self-control rayonnera : « se montrer calme pour rendre calme ».
- Se préparer un minimum avant (sans tomber dans la parano) c’est être capable de s’adapter à l’imprévu le moment venu : « Qu’il s’agisse d’émotions ou de techniques, sans préparation, l’imprévisible devient insurmontable » (Éric HEIP, numéro 2 du RAID – 2016).
Nos équipes de formateurs spécialisés dotés d’une grosse expérience en la matière restent à votre disposition pour organiser des modules de formation (gestion de crise, mise en situation réaliste avec armes adaptées et plastrons, cours sur la radicalisation et la prévention du risque terroriste). N’hésitez pas à nous contacter !
Conclusion : Adopter une attitude proactive
En conclusion, il est essentiel d’adopter une approche proactive face à ces scénarios de violence. La prévention, la préparation et l’adaptation rapide aux circonstances sont les clés pour minimiser les risques. Grâce à une formation appropriée, les intervenants peuvent non seulement protéger leur propre vie, mais aussi celle des personnes qu’ils sont chargés de secourir. Pour renforcer la sécurité en zones sensibles, mais aussi partout ailleurs, des formations régulières et des simulations réalistes sont indispensables.