L’usage de la force par les forces de l’ordre : Une question cruciale pour la sécurité publique

Les images de George Floyd, maintenu au sol avec un genou sur son cou, ont choqué le monde entier. Le 25 mai 2020, l’ex-policier Derek Chauvin a maintenu Floyd dans cette position pendant 8 minutes et 46 secondes. George Floyd a répété « je ne peux plus respirer » plusieurs fois avant de mourir. Cet incident a soulevé une question importante : les techniques de contrainte au cou, appelées « neck restraints », sont-elles sécuritaires ?

Les tragédies passées : une réflexion sur la pratique de l’immobilisation

Le décès d’Adama Traoré, d’Abdelhakim Ajimi et de Cédric Chouviat a également attiré l’attention sur les méthodes utilisées par les forces de l’ordre. Dans ces cas, des techniques de compression et de plaquage ont été employées, entraînant la mort de ces personnes. En France, la clé d’étranglement fait partie des techniques autorisées, bien qu’encadrées par des circulaires ministérielles. Selon ces documents, l’immobilisation doit être temporaire, et la compression thoracique doit être limitée.

Une technique enseignée, mais dangereuse

Pascal Jakowlew, secrétaire national du syndicat Alternative Police-CFDT, confirme que le plaquage au sol fait partie de la formation continue des policiers. Cependant, il met en garde contre l’application de tout le poids du corps sur la partie haute du corps. Cela peut entraîner une asphyxie. Anne-Sophie Simpere, d’Amnesty International, appelle à l’interdiction de cette pratique, soulignant qu’elle est disproportionnée lorsque la personne est déjà maîtrisée.

Des pays qui renoncent à cette pratique

La Suisse, la Belgique et certaines villes américaines comme New York et Los Angeles ont abandonné ces techniques après des incidents tragiques. En 2014, Eric Garner est mort lors d’une interpellation à New York, un événement qui a renforcé la remise en question des méthodes utilisées par les forces de l’ordre.

Les critiques et la réalité du terrain

Beaucoup critiquent ces méthodes derrière leurs écrans, mais la réalité des interventions est bien plus complexe. L’auteur, ayant eu à maîtriser des individus violents, rappelle que la théorie et la pratique ne sont pas toujours compatibles. La formation ne prépare pas toujours aux situations réelles. Les techniques d’immobilisation ne suffisent parfois pas face à une personne sous l’emprise de la violence ou de substances.

Le débat : entre bienveillance et nécessité

Certains prônent une approche douce, mais le recours à la force peut être indispensable dans certaines situations. Il est crucial de trouver un équilibre, car la sécurité des individus et des agents en dépend. Les abus doivent être sévèrement sanctionnés, mais la tâche est complexe. Le recours à la force ne doit être que l’ultime solution.

L’importance de la formation et des principes de sécurité

La méthode GESIVI® se concentre sur l’apprentissage des principes de sécurité plutôt que sur des techniques rigides. Selon nos formateurs, l’immobilisation doit se baser sur des principes éprouvés. Parmi ceux-ci, on trouve la gestion du stress et la coordination entre les intervenants. Il est essentiel d’éviter les étranglements directs et de prêter attention à la respiration et à la mobilité de la personne sous contrôle.

Les bonnes pratiques à adopter

Les experts recommandent de ne pas compresser le thorax, d’éviter les coups inutiles et de privilégier une action coordonnée. Il est aussi crucial de surveiller les signes de détresse et de relâcher la pression si nécessaire. L’expérience montre que la simulation d’une personne maîtrisée ne doit pas amener à relâcher trop tôt la pression. Enfin, un débriefing post-intervention est indispensable pour analyser les actions menées et garantir la transparence.

Il est bon de souligner que ces facteurs de risques sont considérablement augmentés chez certains sujets : surpoids, pathologie mentale, démence…

Conclusion : un sujet délicat mais nécessaire

Le débat sur l’usage de la force est nécessaire pour éviter les abus, mais il doit aussi prendre en compte la réalité du terrain. Les agents, qu’ils soient policiers, secouristes ou soignants, sont souvent confrontés à des situations extrêmes. La question de la contention, en particulier, doit être traitée avec discernement, et des solutions doivent être mises en place pour réduire les risques.

La méthode GESIVI® met l’accent sur l’humain et la sécurité. Les principes qui la régissent visent à garantir la sécurité de tous. Le recours à la force ne doit jamais être banal, et chaque intervention doit être réalisée dans les meilleures conditions possibles pour éviter de nouvelles tragédies.

 

 

Didier JAFFIOL* co-fondateur de la méthode GESIVI®

*L’auteur de l’article, cofondateur de la méthode GESIVI, a travaillé durant 35 ans en tant que sapeur-pompier volontaire et comme fonctionnaire en service de nuit auprès des publics marginalisés (Ministère de la Justice).