Sidération : Le choc qui empêche de réagir et comment aider les victimes

La sidération est un phénomène souvent mal compris. Elle survient dans des situations de grande détresse et rend la victime incapable de réagir face à l’agression ou à la violence. Ce mécanisme de défense naturel, bien que protecteur, plonge l’individu dans un état de paralysie. Pourquoi une personne victime de violence semble-t-elle impuissante et incapable de se défendre ? Pour comprendre cela, il faut se pencher sur les processus physiologiques et psychologiques qui entrent en jeu dans ces moments critiques.

L’effet de sidération : Une réponse du cerveau face au traumatisme

Lorsqu’un individu vit un événement traumatique, comme une agression, son cerveau réagit en activant des mécanismes de défense. L’un de ces mécanismes est la sidération. Selon la psychiatre Muriel Salmona, la sidération se produit lorsque le cerveau libère des hormones de stress comme l’adrénaline et le cortisol. Ces hormones provoquent une réaction immédiate dans le corps : les muscles se contractent, le cœur s’emballe et le corps se prépare à agir. Cependant, lorsque le niveau de ces hormones devient trop élevé, le cerveau perd sa capacité à réagir de manière appropriée.

Ainsi, la victime se retrouve paralysée, incapable de fuir ou de se défendre. C’est ce qu’on appelle la sidération. Ce phénomène est particulièrement observé chez les jeunes victimes d’agressions sexuelles, mais il peut survenir dans bien d’autres contextes. Par exemple, des situations de violence ou des événements dramatiques comme des accidents de la route peuvent également provoquer cet état. La victime, même si elle en a le désir, ne peut pas réagir. Elle est figée par la sidération.

La dissociation : Une forme de protection psychologique

Après la sidération, un autre mécanisme peut se déclencher : la dissociation. Ce processus permet à la victime de se couper de ses émotions. Elle devient alors spectatrice de ce qui se passe, déconnectée de la réalité. La dissociation est une réponse du cerveau pour gérer un stress trop intense. Le cerveau « bloque » certaines fonctions psychiques pour éviter que la victime ne soit submergée par ses émotions.

La dissociation affecte souvent la mémoire et la perception de l’événement. La victime ne peut pas identifier ce qui se passe, ce qui l’empêche de réagir de manière adaptée. Elle est dans un état d’incompréhension totale face à la situation. Selon Muriel Salmona, le cerveau de la victime empêche toute analyse ou réaction face à ce qu’elle traverse. Ce phénomène protège la victime des effets psychologiques immédiats, mais il complique également sa capacité à se remettre de l’événement.

Pourquoi la sidération est-elle universelle ?

La sidération n’est pas une réaction propre à un groupe ou à une situation spécifique. Elle est universelle et peut affecter toute personne confrontée à un événement extrême. Que ce soit lors d’une agression, d’une catastrophe naturelle, d’un attentat terroriste ou même d’un accident de la route, ce phénomène peut se manifester de manière similaire. Chaque fois que le cerveau fait face à un stress trop intense, il réagit en mettant en place ce mécanisme de défense. La sidération ne fait aucune distinction en fonction de l’âge, du sexe ou du statut de la personne. Dès que l’intensité de l’événement dépasse les capacités du cerveau à y faire face, la sidération intervient.

Comment aider une personne en état de sidération ?

Lorsqu’une personne est sidérée, il est essentiel d’agir rapidement pour l’aider à sortir de cet état. Si la victime semble incapable de réagir ou si elle adopte un comportement inadapté, il existe des techniques pour l’aider à retrouver son équilibre. Les psychiatres Louis Crocq et Lebigot ont montré que la respiration contrôlée joue un rôle clé dans la gestion du stress post-traumatique. En guidant la victime dans une respiration lente et profonde, on peut l’aider à retrouver ses facultés cognitives et émotionnelles.

Outils : pour intervenir efficacement

Il existe aussi des protocoles spécifiques pour accompagner les personnes choquées. Des méthodes comme l’ICOVER® ou 6C® ont été développées pour aider les victimes dans des contextes variés. Cependant, ces protocoles doivent souvent être ajustés aux spécificités de chaque situation. C’est pourquoi des recherches sont en cours pour concevoir des outils plus adaptés aux professionnels de l’éducation spécialisée et du secteur médicosocial. Ces outils permettront de mieux accompagner les victimes, en particulier lors des premiers instants critiques après l’événement traumatique.

Témoignage : Aider une victime en état de sidération

Prenons l’exemple de Christel, conductrice de bus scolaire. Elle a été la première à secourir une jeune fille après un accident grave dans le Tarn-et-Garonne. Christel décrit la scène : la jeune victime était allongée, immobile, les yeux ouverts, et répétait en pleurant : « Je ne veux pas mourir ! ». Même si elle était elle-même choquée, Christel a essayé de rassurer la jeune fille. Elle lui a parlé calmement, en attendant l’arrivée des secours.

Ce témoignage montre l’importance d’une intervention rapide et apaisante dans des moments de sidération. Parfois, le simple fait de parler à la victime, de la rassurer et de lui offrir une présence bienveillante suffit à alléger l’impact du traumatisme immédiat. Rassurer la victime, même brièvement, peut grandement aider à surmonter l’intensité du moment et éviter que la sidération ne prenne trop de place.

Conclusion : Comprendre la sidération et offrir un soutien adapté

La sidération et la dissociation sont des mécanismes de défense du cerveau face à des événements traumatiques. Ces réactions, bien que naturelles, peuvent laisser la victime dans un état de vulnérabilité. Comprendre ces phénomènes est essentiel pour aider efficacement ceux qui en sont victimes. Les techniques de respiration, les protocoles d’accompagnement et un soutien psychologique approprié sont indispensables pour aider les victimes à sortir de cet état de choc.

Les professionnels de l’éducation spécialisée et du secteur médicosocial jouent un rôle crucial dans ce processus. En apportant des outils et en comprenant mieux la sidération, ils peuvent améliorer l’accompagnement des victimes. Face à une personne en état de sidération, offrir calme et présence est souvent l’une des premières étapes vers la guérison.

Voici une vidéo qui vous permettra de mieux comprendre cet état. La sidération est universelle, elle peut ce manifester lors d’autre traumatisme. Comme un tremblement de terre, une attaque terroriste ou comme sur la vidéo une mission militaire (guerre).